L'atelier du Hibou Création – Ecriture – Lecture critique Une collaboration Le Chant du Hibou / Le monded'Osiris
| Novembre 2009 | ||||||||||
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A vos plumes ! Voici le premier sujet d'écriture de l'atelier du Hibou, pour bien commencer 2007. Mettez vos textes courts dans un commentaire ou bien envoyez les par e.mail, nous les ajouterons à l'article dans l'ordre d'arrivée... les analyses, remarques, critiques sont les bienvenues...
Un homme et une femme marchent, la nuit, sur le bord d'une route, absorbés par une discussion animée. Des lumières éclairent l'horizon et des bruits étranges leurs parviennent de l'endroit vers lequel ils semblent se diriger.
Ils se tiennent par la main, comme des enfants, ils marchent. Lui tremble comme s'il avait froid et elle le réchauffe, simplement en lui parlant, tout doucement.
- On va les retrouver, ne t'en fais pas, ça ira, on va les retrouver...oui, oui...
Ils marchent sans doute depuis longtemps car leurs vêtements sont sales et leur chaussures usées. Elle murmure mais elle ne croit pas à ce qu'elle dit, c'est une sorte de litanie qui ne cesse pas.
Deux jours plus tôt, ils étaient encore ensemble, tous les quatre. Et puis c'était arrivé, brutalement, inévitable. On savait que ça pouvait arriver mais on n'y croyait pas jusqu'à ce mercredi, il y a deux jours...
- On va les retrouver, ça ira, on va les retrouver...oui, oui...
Depuis ils marchent, vers cette lumière là-bas à l'horizon. Ils auraient pu se terrer et attendre, mais attendre quoi, alors ils ont préféré partir.
Dans la fumée des premiers instants, dans la cohue et le désarroi, ils ont été séparés, Mathilde et Josua quelque part et eux ailleurs. Ils ont cherché, partout où cela était encore possible, ils ont appelé fort, beaucoup, dans toutes les directions, ils ont presque failli perdre la tête de douleur et de désespoir. Finalement ils ont pris la route. Comme ils l'avaient dit, vers la lumière là-bas, c'était convenu entre eux, et depuis ils marchent.
- On va les retrouver, ça ira...oui, oui...
Leur espoir ? Que Mathilde et Josua soient aussi en route pour ce point là-bas à l'horizon. Fragile espoir, si petit... alors elle parle juste pour le réchauffer, comme un murmure qu'elle égrène le long du chemin.
Lorsqu'ils atteignent les abords de la ville encore éclairée, elle, cesse de parler, sa voix s'est éteinte, lui se réfugie au dedans, un peu plus. Devant eux tout est en ruine, rouges et brûlantes, d'autres passent, nombreux, marchent aussi mais vers un autre ailleurs.
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